Vendre un bien hypothéqué : comment se passe la levée d'hypothèque ?
Vous souhaitez vendre un bien sur lequel il reste une hypothèque ? Bonne nouvelle : c'est tout à fait possible, et vous n'avez presque rien à faire vous-même. Le notaire chargé de la vente s'occupe de « lever » l'hypothèque pour transmettre à l'acheteur un bien libre de toute garantie. Reste trois questions concrètes, que se posent tous les vendeurs dans votre situation : est-ce vraiment obligatoire, combien ça coûte, et qui règle la facture ? On vous explique tout, simplement.
À retenir :
- Oui, on peut vendre un bien encore hypothéqué. Le notaire gère la levée d'hypothèque dans le cadre de la vente.
- La démarche n'est obligatoire que si vous vendez avant la fin de l'inscription (durée du prêt + 1 an). Passé ce délai, elle s'éteint seule, sans frais.
- Les frais sont à la charge du vendeur et prélevés directement sur le prix de vente (en général quelques centaines d'euros).
- Inutile si votre prêt est garanti par une caution (type Crédit Logement) et non par une hypothèque.
Peut-on vendre une maison sous hypothèque ?
Oui. Contrairement à une idée répandue, une hypothèque n'« immobilise » pas votre bien : elle ne fait que garantir votre banque tant que le crédit n'est pas remboursé. Vous restez propriétaire et libre de vendre quand vous le souhaitez.
Ce qui se passe à la vente est simple :
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Sur le prix payé par l'acheteur, le notaire commence par rembourser votre banque du capital qu'il vous reste à payer.
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Une fois la banque désintéressée, il lève l'hypothèque (on parle de mainlevée) pour que l'acheteur reçoive un bien totalement libre.
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Le solde éventuel vous revient.
Pourquoi cette étape est-elle indispensable ? Parce que l'hypothèque suit le bien, pas la personne. Tant qu'elle n'est pas levée, la banque conserve un droit dessus, même une fois le bien vendu, ce qu'aucun acheteur (ni sa propre banque) n'acceptera. La mainlevée est donc la formalité qui « nettoie » le bien avant de le transmettre.
Qu'est-ce qu'une levée (ou mainlevée) d'hypothèque ?
C'est l'acte notarié qui radie l'inscription de l'hypothèque au service de la publicité foncière, là où elle avait été enregistrée à l'origine. « Levée » et « mainlevée » désignent la même chose. Une fois cette radiation publiée, le bien n'apparaît plus comme grevé d’hypothèque : la garantie de la banque disparaît officiellement.
Pour comprendre en détail ce qu'est une hypothèque et comment elle est mise en place, voir notre guide dédié à l'hypothèque.
Faut-il toujours lever l'hypothèque pour vendre ?
Non. Dans deux situations, vous vendez sans aucune démarche ni frais de mainlevée. Les connaître peut vous éviter une dépense inutile.
Vendre après la péremption : quand l'hypothèque s'éteint toute seule
Une inscription d'hypothèque n'est pas éternelle. Elle reste valable jusqu'à un an après la dernière échéance prévue de votre prêt, sans pouvoir dépasser 50 ans. Passé ce délai, elle est périmée automatiquement, dès le lendemain de l'expiration : le bien est considéré comme libre, et aucune mainlevée n'est nécessaire (donc aucun frais).
Attention à une confusion fréquente : c'est la dernière échéance initialement prévue qui compte, pas la date à laquelle vous finissez de payer. Rembourser votre prêt par anticipation n'avance pas cette date. Concrètement, si votre crédit est allé jusqu'à son terme normal et que vous vendez plus d'un an après, il n'y a rien à lever. En revanche, si vous soldez le prêt en avance (par exemple avec le prix de la vente elle-même), l'inscription est toujours active : la mainlevée s'impose.
Bien garanti par une caution : vous n'avez rien à lever
Toutes les garanties de prêt ne s'inscrivent pas au service de la publicité foncière. Si votre banque a demandé une caution (via un organisme comme Crédit Logement) plutôt qu'une hypothèque, aucune inscription n'a été prise sur votre bien : il n'y a donc rien à radier au moment de la vente, et aucun frais de mainlevée à prévoir.
| Garantie du prêt | Inscription sur le bien ? | Mainlevée à la vente ? |
| Hypothèque conventionnelle | Oui | Oui, si vente avant péremption |
| Hypothèque légale spéciale du prêteur de deniers (ex-PPD) | Oui | Oui, si vente avant péremption |
| Caution (Crédit Logement, etc.) | Non | Non |
C'est un point à garder en tête bien en amont : le choix de la garantie au moment de souscrire votre prêt détermine ce que vous paierez (ou non) à la revente.
Pour comparer le coût des différentes garanties à la mise en place, voir notre article sur les frais de garantie de prêt.
Comment se déroule la levée d'hypothèque lors d'une vente ?
Bonne nouvelle : vous n'avez quasiment rien à faire. Tout est piloté par le notaire chargé de la vente, en parallèle de la transaction. Vous n'avez pas de démarche à engager de votre côté.
Les étapes, du compromis à la radiation
- Le notaire interroge votre banque pour obtenir le décompte exact de ce qu'il reste à rembourser (capital restant dû + éventuelles indemnités de remboursement anticipé).
- À la signature de l'acte de vente, le notaire prélève sur le prix payé par l'acheteur la somme nécessaire et rembourse directement votre banque.
- Il rédige l'acte de mainlevée, par lequel la banque reconnaît être payée et renonce à sa garantie.
- La mainlevée est publiée au service de la publicité foncière, ce qui radie officiellement l'inscription. Le bien est alors totalement libre pour l'acheteur.
Le reste du prix, une fois la banque et les frais réglés, vous est reversé.
Bon à savoir : si vous ne vendez qu'une partie du bien grevé (par exemple un terrain détaché d'une maison que vous gardez), on peut procéder à une mainlevée partielle, limitée à la portion vendue.
Combien de temps prend une mainlevée ?
La levée d'hypothèque ne retarde pas votre vente : l'acte de mainlevée est signé au moment de la vente, et le notaire garantit à l'acheteur un bien libre. La radiation définitive au service de la publicité foncière intervient ensuite, généralement dans un délai de quelques semaines à un à deux mois. Ce décalage administratif est normal et sans conséquence pour vous comme pour l'acheteur.
Combien coûte une levée d'hypothèque en cas de vente ?
C'est la question qui inquiète le plus, souvent à tort. Contrairement à ce qu'on lit encore fréquemment, les frais de mainlevée ne représentent pas un pourcentage qui gonfle avec le montant de votre prêt. Depuis 2020, la part principale (la rémunération du notaire) est forfaitaire : la facture reste donc modeste, de l'ordre de quelques centaines d'euros.
Le détail des frais de mainlevée
| Poste | Montant |
| Émoluments du notaire (acte de mainlevée) | 78 € jusqu'à 77 090 €, 150 € au-delà |
| Émoluments de formalité | variables (~120 €) |
| Droits d'enregistrement (Trésor Public) | 25 € |
| Contribution de sécurité immobilière (CSI) | ~0,05 % du montant garanti |
| Débours (frais avancés par le notaire) | ~175 € |
| TVA (20 %) | ~54 € |
Les émoluments du notaire sont fixes, quel que soit le montant : 78 € jusqu'à 77 090 €, 150 € au-delà. C'est précisément ce qui explique que le coût ne « s'envole » pas pour les gros prêts.
Exemple chiffré pour un prêt de 200 000 €
Pour un emprunt initial de 200 000 €, une simulation via le simulateur des Notaires de Paris (2026) donne un total d'environ 644 €, dont près de 270 € d'honoraires de notaire et 120 € de contribution de sécurité immobilière, soit 0,32 % du prêt.
Et pour un prêt plus élevé ? Le total n'augmente que faiblement, puisque la rémunération du notaire est plafonnée à 150 €. Un prêt de 500 000 € ne coûte donc pas 2,5 fois plus cher : comptez généralement moins de 900 €. La règle du « 0,3 à 0,6 % du montant emprunté » que l'on trouve partout surévalue nettement la note dès que le prêt dépasse 200 000 €.
Frais de mainlevée et IRA : deux coûts à ne pas confondre
En vendant avant la fin de votre crédit, vous remboursez votre prêt par anticipation. Votre banque peut alors réclamer une indemnité de remboursement anticipé (IRA), plafonnée par la loi à 6 mois d'intérêts, sans dépasser 3 % du capital restant dû.
C'est une pénalité de la banque, totalement distincte des frais de mainlevée, qui rémunèrent eux le notaire et l'administration. Ces frais de mainlevée n'ont d'ailleurs pas vocation à être couverts par l'indemnité de remboursement anticipé : les deux se cumulent, et le notaire les prélève tous deux sur le prix de vente.
Qui paie la levée d'hypothèque, le vendeur ou l'acheteur ?
C'est le vendeur. Les frais de mainlevée sont à votre charge et prélevés directement sur le prix de vente par le notaire. L'acheteur, lui, règle ses propres frais de notaire liés à l'acquisition, mais ne participe jamais à la mainlevée
Que faire si le prix de vente ne couvre pas le crédit ?
C'est la situation la plus délicate : votre bien se vend à un prix inférieur à ce que vous devez encore, une fois additionnés le capital restant dû, l'éventuelle indemnité de remboursement anticipé et les frais de mainlevée. Le notaire ne pourra lever l'hypothèque que si votre banque est intégralement remboursée. Il vous faut donc combler la différence. Trois options existent :
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Apporter le complément vous-même, en puisant dans votre épargne pour solder le prêt au moment de la vente. C'est la solution la plus simple quand l'écart est limité.
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Trouver un accord avec votre banque : selon votre situation, elle peut accepter un rééchelonnement du reliquat ou un prêt personnel pour financer le solde.
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Reporter la vente, le temps d'avoir remboursé une part plus importante du capital, si votre calendrier le permet.
Sans l'une de ces solutions, le notaire peut refuser d'authentifier la vente, faute de pouvoir désintéresser la banque. Mieux vaut donc anticiper ce calcul dès l'estimation du bien, en demandant à votre banque votre capital restant dû exact : vous saurez immédiatement si votre prix de vente cible suffit à tout couvrir.
La banque peut-elle refuser la mainlevée ?
En principe, non : dès lors qu'elle est remboursée sur le prix de vente, votre banque donne son accord et la mainlevée se déroule sans accroc. Un refus n'a de sens que si le remboursement n'est pas (ou pas totalement) assuré.
Si toutefois votre banque refusait la mainlevée alors que votre dette est intégralement soldée, vous disposez d'un recours : saisir le tribunal judiciaire dont dépend le service de la publicité foncière, qui pourra ordonner la radiation forcée de l'inscription. Ce cas reste rare, mais il est utile de savoir que le refus injustifié d'un créancier déjà payé ne vous laisse pas sans solution.
Vendre un bien hypothéqué pour en racheter un autre : les points de vigilance
Dans la plupart des cas, si vous vendez, c'est pour acheter à nouveau. La levée d'hypothèque n'est alors qu'une pièce d'un projet plus large, où le vrai enjeu est le timing entre votre vente et votre futur achat.
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Vous achetez avant d'avoir vendu ? Le prêt relais permet de financer votre nouvelle acquisition en attendant l'encaissement de la vente. Votre banque avance une partie de la valeur de votre bien actuel, que vous remboursez une fois la vente réalisée.
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Vous vendez d'abord ? Vous connaissez alors précisément le montant qui vous reste après remboursement du prêt et frais de mainlevée : c'est votre apport pour le prochain achat.
Dans les deux cas, deux paramètres se calculent en amont : votre capacité d'emprunt pour le nouveau bien et le montant net dont vous disposerez après la vente. Les enchaîner correctement évite les mauvaises surprises, comme un prêt relais surdimensionné ou un apport surestimé.
Pour aller plus loin : notre guide sur le prêt relais et nos conseils pour acheter avant de vendre sans prêt relais.
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